Comprendre, cela s’apprend !

Publié le 29 Mars 2010
Auteur : Frédérique M.
Niveaux : MS, GS, CP, CE1

« Guillaume a très soif. Il boit son jus de fruit puis il remplit à nouveau son verre, après avoir ouvert une autre bouteille. » Que fait Guillaume après avoir bu ? L’ordre des actions ne correspond pas à l’ordre de la phrase. Pour certains élèves, le manque de connaissance des connecteurs les empêche d’accéder à une compréhension fine du message.

Compréhension

Intervenir précocement

Jusqu’à très récemment, les efforts visant à travailler les processus de compréhension chez les élèves pour remédier aux difficultés en lecture ont exclusivement porté sur l’âge élémentaire. Or les recherches récentes ont montré qu’il était tout à fait souhaitable d’intervenir précocement pour prévenir et anticiper les difficultés éventuelles, cela sans attendre que l’échec s’installe.

On sait aujourd’hui avec certitude que la compréhension fonctionne de la même façon à l’oral qu’à l’écrit. Elle peut donc être travaillée avec des enfants très jeunes, avant l’entrée dans la lecture, dès la moyenne section.

Voilà le défi qu’ont relevé Maryse Bianco et son équipe en proposant des outils, fruits de la recherche et de l’expérimentation sur le terrain. Grâce à une série de situations adaptées, avec des textes simples, un lexique choisi et un contexte à leur portée, les élèves sont amenés très tôt à réaliser des inférences, des relations de causalité et des déductions.

Travailler dans la continuité

Dès la moyenne section, l’enfant participe à des situations orales, très structurées, qui vont le confronter aux différentes composantes de la compréhension. De la recherche d’anomalies dans des dessins au travail sur les connecteurs en passant par l’élaboration de modèles de situation, l’enfant apprend que comprendre est une activité, qui nécessite de l’attention et de la concentration.

En grande section, les principales composantes sont reprises, plus complexes, et les compétences se consolident. La compréhension de récit fait son apparition.

Pour ceux qui, en CP ou en CE1, n’auraient toujours pas acquis les automatismes nécessaires qui permettent de comprendre un message simple, sans réfléchir, rien n’est encore perdu. Les entraînements sont repris, intégrant cette fois-ci, de façon très progressive, la dimension de l’écrit.

Construire des automatismes

Comprendre, cela doit être automatique. Le bon compreneur n’a pas besoin de réfléchir pour comprendre l’ordre dans lequel Guillaume fait les choses quand il a soif. Pour construire des automatismes, il est nécessaire de passer par des entraînements. Chaque situation vise une compétence très précise qui sera travaillée isolément. Elle s’appuie sur un rituel de mise au travail des élèves, une grande régularité dans les exercices proposés et des situations-problèmes variées mais très facilement identifiables par les élèves. Les exercices sont proposés plusieurs fois à l’identique, seules l’histoire et les images changent. Résultat, pas de perte d’énergie à comprendre le contexte et le but de la séance, les élèves peuvent très facilement se les approprier.

On s’entraîne à faire les choses correctement, sinon cela ne sert à rien. La mise en œuvre des séances insiste donc sur l’explicitation, la verbalisation, l’accompagnement des réponses des élèves.

Adapter son enseignement

Travailler efficacement ne peut se faire qu’en petits groupes homogènes, en proposant une progression adaptée à chacun. C’est ce que proposent les auteurs, qui ont prévu les situations d’évaluations, les critères de constitution des groupes et des situations adaptées à chacun dans un vrai souci de pédagogie différenciée.

Dans le groupe de six à huit élèves, chaque enfant est sollicité. Même les petits parleurs sont amenés à s’exprimer. Comme il s’agit de se déterminer individuellement sur un problème posé puis de mettre en commun en justifiant les réponses, lorsque deux élèves ne sont pas d’accord, il y a discussion. Il faut apprendre à argumenter et à s’appuyer sur du concret, du vérifiable.

Tout est toujours explicité, verbalisé, il ne s’agit jamais de se contenter de corriger une réponse donnée. Si l’élève ne connaît pas le contexte de l’image, ne comprend pas le sens d’un dessin, cela peut expliquer qu’il ne saisisse pas qu’il y a anomalie de situation… Le questionnement attentif de l’enseignant qui demande à un élève d’expliciter – « Tu me réponds cela, qu’est-ce qui te fait penser que tu as raison ? » – va lui permettre de comprendre l’erreur de l’enfant et de lui proposer une sollicitation adaptée, très personnalisée.

Proposer un entraînement en compréhension à ses élèves est un choix qui, loin d’être anodin, génèrera de gros progrès chez les élèves, mais pas seulement… Libéré de la tâche de préparation de la séance (ici clé en main), l’enseignant pourra se consacrer exclusivement à ce qui fait l’essence même de son métier, accompagner chacun des élèves, individuellement, par des aides adaptées et ciblées, afin de les faire progresser.

Commentaires
  • Soyez le premier à réagir
Un courriel avec un lien vers cette page sera envoyé à chacun de vos contacts.
* Champs obligatoires
200 caractères max.
Image CAPTCHA
Enter the characters shown in the image.