En 1998, les entraînements…

Publié le 27 Mars 2010
Auteur : Eric P.
Niveaux : MS, GS, CP

En 2006, le DVD Apprendre à lire, produit par le ministère de l’Éducation nationale et le SCÉRÉN-CNDP, remettait au goût du jour Phono Mi, un outil paru en 1998, quand la conscience phonologique ne figurait pas encore dans les programmes de l’école primaire. Retour sur le bilan de santé réalisé dans l’académie de Grenoble où tout a commencé.

phono-Mi

Un sauteur à la perche performant doit courir le 100 mètres en moins de 11 secondes, avoir de la détente, sauter deux mètres en hauteur et posséder une bonne représentation de son corps dans l’espace. Son entraînement va essentiellement consister en l’amélioration de ces compétences de base : vitesse, détente, représentation du schéma corporel. Il s’entraînera peu au saut à la perche proprement dit.

Il en est de même pour l’apprentissage de la lecture. Un enfant qui n’a aucun mal à reconnaître des sons, des formes, à suivre des lignes, n’aura aucun mal à apprendre à lire et à écrire. Mais beaucoup d’enfants n’ont pas acquis totalement ces compétences (dites de bas niveau) avant d’aborder la lecture. Ces handicaps peuvent être surmontés par l’entraînement systématique de chacune de ces compétences, pour les automatiser et les rendre inconscientes.

Des progrès validés

En 1996, une expérimentation réalisée dans l’académie de Grenoble a permis de valider cette approche, inédite en France. L’étude portait sur une population de 2 265 enfants répartis en 118 classes de grande section de maternelle dans les cinq départements de l’académie de Grenoble (Ardèche, Drôme, Isère, Savoie, Haute-Savoie). Le service de santé scolaire a évalué, pour chaque enfant, au cours du bilan de santé de la sixième année, les habiletés cognitives impliquées dans l’apprentissage de la lecture : conscience phonologique, mémoire à court terme, vocabulaire.

À la suite de cette évaluation, 473 enfants parmi les plus faibles en conscience phonologique ont bénéficié d’un entraînement mené en classe. À l’issue des séances, leurs progrès étaient significativement supérieurs à ceux des enfants qui n’en ont pas bénéficié. Cet entraînement, Phono Mi, est diffusé depuis 1998 par la Cigale. Il est utilisé par plus de 12 000 écoles et autres professionnels du langage.

Des outils inspirés par la recherche

Plus que les activités proposées, ce sont les modalités d’organisation préconisées par cet entraînement (sur lesquelles s’accordent les recherches internationales) qui permettent aux élèves de progresser : les séances, journalières, durent quelques minutes et se déroulent en petits groupes de besoins pendant plusieurs mois. L’enseignant peut alors mesurer les progrès au fur et à mesure de l’entraînement, et individualiser l’aide en fonction des besoins.

Sur le modèle de Phono Mi, d’autres entraînements ont depuis été diffusés par la Cigale. Les entraînements Auditif et Visuel ont été expérimentés dans la continuité de ce bilan de santé par le laboratoire Cogni-Sciences. Plus récemment, les entraînements Compréhension, Phonoludos, Fluence et Multi-sensoriel, dont les effets ont été mesurés sur des populations importantes d’élèves, ont repris ces principes pour développer d’autres compétences, tout au long de la scolarité des enfants.

Du matériel clé en main…

Chaque entraînement comprend l’ensemble des supports pour mettre en place les séances avec un minimum de préparation et un maximum d’efficacité. Un test d’évaluation simple permet de former les petits groupes homogènes. Les cartes sont prêtes à l’emploi, avec des consignes détaillées pour chaque séance. Une programmation précise et des conseils pour l’organisation permettent de planifier les activités dans le temps.

… qui a fait des petits !

À la suite de la mise en œuvre des entraînements, des enseignants se sont approprié ce type de démarche, au point de faire évoluer leurs pratiques et de les expliciter dans le cadre de démarches prêtes à l’emploi. Proposés par les « cahiers de la Fourmi », ces outils s’appuient sur les modalités de travail des entraînements pour proposer, notamment pour la maternelle, des séances ciblées sur des périodes plus courtes.

Et maintenant PARLER

Dix ans après le bilan de santé, dans le cadre du programme PARLER, une sélection d’entraînements a été mise en œuvre de la grande section au cours élémentaire dans des écoles de REP de l’agglomération grenobloise. Les progrès des élèves ont sensibilisé les différents partenaires de l’école sur les bénéfices de ce type d’approche, tant au niveau des apprentissages que de l’évolution des pratiques des maîtres.

Commentaires
  • Soyez le premier à réagir
Un courriel avec un lien vers cette page sera envoyé à chacun de vos contacts.
* Champs obligatoires
200 caractères max.
Image CAPTCHA
Enter the characters shown in the image.